Archives mensuelles : février 2016

L’Aleph et l’hommage

progressif

Musicalement, l’univers de l’Aleph est « progressif ».
Pour les « inhabitués » du genre, ce style musical part sans doute de la musique psychédélique des années 60 avec des groupes comme Pink Floyd puis Genesis, Yes ou Jethro Tull.
Dans les années 70, j’y rajoute Mike Oldfield, Supertramp, Ange (groupe français !), Queen.
Dans les années 80, il y a bien sûr le néo-progressif de Marillion (Fish aussi), IQ, Pendragon et même Tears for fears qui nous a parfois embarqué aussi dans un  univers très construit.
La relève du XXIème siècle, c’est pour moi d’abord Muse. Mais j’entends aussi chez Archive et Mocheeba un héritage assumé (le passage surréaliste à 10’35 de « Again » de Archive est une référence évidence à « Echoes« (quasiment au même moment du morceau… no comment) de Pink Floyd sur l’album Meddle. Je pense aussi à RadioHead (et tout particulièrement aux chansons « Paranoid android » ou « Just« )

Voilà ma liste très subjective de ce que j’appelle la musique progressive. C’est juste pour bien resituer mes références. En général, ce sont des chansons longues dans lesquelles plusieurs thèmes musicaux sont développés. Les paroles parlent rarement de la vie des bisounours…

L’Aleph est donc mon premier projet de musique progressive. Ma version de 2000 en est le témoin. On me « reproche » souvent la longueur de mes chansons, leur format peu FM. Je n’ai pas encore la virtuosité de mes pairs et vous remarquerez qu’à part Mike Oldfield, ce sont des groupes. C’est vrai que c’est compliquer de construire un  ensemble cohérent sur une chanson de plus de 5 minutes et surtout de ne pas perdre l’attention de l’auditeur. Il faut sans cesse le ramener au cœur du sujet, piquer sa curiosité pour qu’il ne se mette pas trop vite à regarder voleter les papillons…

Ainsi s’achève donc la chronique de l’Aleph.

SPETT.UMBERTO ECO A NAPOLI (SUD FOTO SERGIO SIANO)

Hier je terminais mon article sur Borges par une référence à Umberto Eco.
Aujourd’hui nous apprenons sa mort.

J’avais imaginé écrire une chanson sur l’un de ses livres car il est l’un de mes auteurs préférés. Mais comme avec Boris Vian ou Michel Folco, la richesse et le style de son écriture ne m’inspiraient pas. ça peut paraitre contradictoire mais j’ai besoin de trouver ma place dans l’œuvre de celui dont je veux parler. J’ai besoin de pouvoir m’insérer dans son univers. Umberto Eco, Michel Folco et Boris Vian ont au moins cela en commun que leurs façons d’écrire sont si denses, si singulières que je n’ai trouvé aucune porte d’entrée. J’avais finalement le choix entre paraphraser ou trahir. J’ai préféré m’abstenir.
Dans cette article, je souhaite vous inviter à découvrir ou redécouvrir Umberto Eco.
Outre son œuvre la plus connue et sans doute la plus accessible « le nom de la rose », il m’a emmené dans des découvertes culturelles gigantesques. Car Ecco était exigeant avec ses lecteurs. Il attendait d’eux une grande curiosité. Il ne donnait pas toutes les clés de ses histoires.
Lorsque, par ma culture plus spécifiquement orientée vers la philosophie, je comprenais qu’il faisait allusion à Blaise Pascal ou Descartes sans les nommer dans « L’île du jour d’avant » ou qu’il expliquait les règles de la logique des prédicats dans « Le pendule de Foucault », je prenais cette compréhension comme une forme de complicité directe avec l’auteur, une sorte de connivence comme s’il venait se confier directement à moi, comme s’il écrivait spécialement pour moi. Mais je suspectais aussi à quel point je passais certainement à côté d’une quantité incroyable d’allusions, codes, symboles et sous-entendus. Car Umberto Eco parle à tous. Il est pour moi ce qui se rapproche le plus de l’esprit de l’encyclopédie au XXème siècle.
Il était aussi incompris comme quand il fût soupçonné d’antisémitisme pour son livre « Le cimetière de Prague ». Moi-même quand j’ai commencé ce livre, j’ai été interpelé par l’ambiguïté de ce qui s’y racontait mais connaissant l’auteur, je me suis laissé conduire là où il m’emmenait. Et comme toujours, c’est dans cet effort que se trouvait la réponse. Pour cela, Umberto Eco est un auteur de la catharsis. Il nous transporte dans son monde. Mieux, il nous contamine de ses sentiments. Il est l’un des plus subtiles dénonciateurs des complotistes. Et il parvient à nous faire entrer dans leurs têtes, à nous faire voir avec leurs yeux leur monde paranoïaque et délirant.
Et puis il était drôle. Je vous conseille pour découvrir cette facette de sa personnalité de lire le petit livre de nouvelles hilarantes : « comment voyager avec un saumon ».
Voilà ce que je voulais vous dire sur ce grand homme disparu le 19 février 2016. 

Aleph

aleph fusain

« Aleph » a été longtemps le pseudonyme que j’utilisais pour mon activité de musicien.

L’origine de ce choix remonte à mes études de philosophie. Roland Quilliot nous avait fait découvrir un recueil de nouvelles Jorge Luis Borges, un auteur argentin. Son oeuvre n’est pas tout à fait ce qu’on pourrait qualifier de easy-listening. Je veux dire par là que cette littérature ne donne du plaisir que si on s’y immerge complètement. Borges est considéré comme un poète mais c’est surtout l’imprégnation métaphysique de son oeuvre qui m’a parlé.

Dans le recueil qui s’appelle donc « L’Aleph », on trouve plusieurs contes dont la nouvelle éponyme qui m’a inspiré la chanson.
Il m’est si difficile d’expliquer ce que représente ce texte pour moi que je ne vois pas vraiment d’autre solution que de nouveau vous inviter à en lire l’extrait que je partage, en espérant qu’il vous donnera envie de lire le reste.

Le sens de ma chanson tourne lui autour d’une évocation du vertige que me donne le texte de Borges. J’aime la disproportion, les oxymores et le va-et-vient entre deux infinis qu’il propose . J’ai donc eu envie  (besoin) de continuer cet inventaire de contradictions assumées. Je trouve certaines similitudes avec l’écriture foisonnante d’un autre de mes auteurs favoris, Umberto Eco.

Alea jacta est

coeur

Petit bonus du 14 février

Fête des amoureux oblige, j’ai réorchestrée la chanson que j’avais écrite et composée en 1993, peu après notre mariage. Je l’avais déjà réalisée sur l’album « C.A.S.A ».
« Alea jacta est » est la formule que nous avons fait graver dans nos alliances car une vie de couple, c’est un pari où rien n’est écrit d’avance et où il faut accepter les risques.

Sève, ces aléas partagés depuis plus de 24 ans n’ont jamais entamé ma volonté de poursuivre le chemin. Je t’aime

Petite version électro

manuscrit

Musicalement, le choix n’était pas facile. La version d’origine que j’avais enregistrée dès 1999 (cf l’album « C.A.S.A » dans Aleph) pour une musique que j’ai probablement composée en 1988 se voulait plutôt folk, une balade guitare voix minimaliste.

Je propose cette fois une version plus électro. C’est comme ça que je le définirai mais sous quel genre la rangeriez-vous ? Dite le moi…

Petit orgue style Hammond créé à partir de EZkeys, une basse, des nappes, des drums très boîte à rythmes et les arpèges très scintillants de ma telecaster.
Ambiance mélancolique sur laquelle Sève pose sa voix.