Archives de catégorie : studio

Le soliloque

J’approche de la fin de la phase. Le moment discret où je me dis qu’il est temps de clore mon travail. Un rythme invisible, une cadence de chansons qui me donnent l’impression d’une unité. J’ai essayé de traquer cette thématique, celle du soliloque. Je l’ai déjà dit mais c’est l’impression que j’ai parfois quand je produis mes chansons.
Là, j’y suis presque. La chanson éponyme et il ne restera plus qu’une, voire deux chansons.

« Le soliloque » est un ancien texte que j’ai remanié plusieurs fois. L’inspiration des paroles et de la musique m’est venue de la bande originale du film « Phantom of the Paradise » de Brian de Palma et plus particulièrement de la chanson « Beauty and the beast » de Paul Williams. Mais le thème s’est affiné et a vraiment pris tout son sens quand j’ai trouvé son titre.  Le mythe de Faust est toujours présent au début mais ensuite, il y a toutes les autres conversations imaginaires. Celles avec dieu, celles avec l’écrit, avec l’ami absent, celui qu’on fuit et enfin soi-même. Pour moi (c’est juste ma thèse), ce qui nous pousse dans cette solitude, c’est simplement la peur. Parler à ce qui ne peut pas nous répondre, nous contredire.
Toutes les autres chansons que je vous ai proposées sous cette bannière parlent d’autres formes de soliloques : Le posthume (La mort n’est pas le carnaval), celui d’une femme (3919), les dernières pensées d’un enfant-soldat (Rêver trop tard), l’acceptation de ses différences (3 mouvements distincts). Pour les autres textes, c’est plus dilué mais c’est bien là : « On ne s’entend plus » parle du double monologue de la dispute dans le couple.  « Nous sommes tous des clients » de l’aveuglement du consommateur. « Le paradis » de la difficulté de prendre la protection de l’autre. « Austria » : l’absurde surdité des nations qui n’entendent pas l’histoire se répéter. « La beauté de l’inutile » : le doute face à l’écriture.

J’ai bien conscience qu’à ce jeu, on peut raccrocher toutes les chansons du monde à mon thème.
Artificiel donc ? Universel plutôt.

Bonne écoute

Chris le 08/10/19

Not for the stars

Une nouvelle chanson signée Francis (Catley alias BootUpSound).
Une nouvelle collaboration trans-manche.
Le texte est de Francis (pour quelqu’un qui prétend que les paroles n’ont pas d’importance, il est bien long…).
Comme souvent, il a été fini à deux mains.

La musique et les thèmes mélodiques sont de Francis. Il a aussi joué les claviers et bien sûr, il chante.

Les chœurs sont de Francis, de moi et de Sève qui est venue faire un petit passage à la fin de la chanson.

Le solo de la fin est issu d’une âpre négociation. J’ai subi une quasi intimidation pour le refaire jusqu’à ce qu’il sonne comme Francis l’imaginait.

Presque toutes mes guitares ont été sollicitées : Telecaster, Aria pro II, Folk Maestro, banjo, basse Vantage et même ma nouvelle Lag qui a servi sur les toutes dernières notes du solo.

Ah oui au fait, j’allais oublier… Notre duo porte lui aussi désormais un nom : « Never cry in Britain ». Pour ceux qui veulent savoir pourquoi, il faudra demander.

Bonne écoute
Chris

Le paradis (après l’enfer)

Un petit passage à vide, une forme de dépression pré-traumatique pour ce lustre qui m’attendait. Et puis ça passe. L’examen se fait et il ouvre la voie pour une décennie de tranquillité cette fois (je verrai bien).
Pour ceux qui m’ont fréquenté (en infréquentable) en cette fin d’année 2018, ils comprennent sûrement de quoi je parle. Pour les autres, peu importe. Cette chanson ne parle finalement presque pas de ça. Elle est un contrepoint à l’enfer que j’avais écrit il y a plus de 20 ans.

Toujours en me questionnant (sinon ça ne serait plus moi) sur l’inspiration, ce qui la fait naître, il y a ce paradoxe en moi qui suis officiellement si rationnel et intrinsèquement si prompt à la panique existentielle. Mais je dois bien admettre (à mon corps me défendant) que tout va bien. Tant pis pour les belles chansons. Tant mieux pour ceux qui vivent auprès de moi. Tant pis pour ma muse. Tant mieux pour celle que j’aime.

Un coup de pédales

Pas de chanson pour ce billet mais une présentation de mon dernier dada : les pédales d’effets.
J’ai longtemps négligé cet aspect de mon son car étant avant tout un musicien de studio, je me contentais de mes plug-ins VST très performants.
J’ai aussi plusieurs multi-effet : un ME-25 de Boss pour guitare électrique , un ToneWorks AX10A de Korg pour guitare acoustique et même l’UE300 d’Ibanez que m’a légué mon beau-frère). Même si ces racks d’effets pré-assemblés facilitent la vie du guitariste, ils n’offrent pas autant de souplesse qu’une chaîne d’effets indépendants et je ne pouvais pas véritablement gérer mes effets en direct.

Ma récente expérience de scène en groupe (une première depuis la très lointaine époque de « Texte Intégral ») a fini de me convaincre que m’équiper d’une façon plus sérieuse devenait indispensable.
Mais par quoi commencer ? Plonger sans conseil dans l’univers des pédales d’effets, c’est comme se retrouver devant le rayon des produits bio au supermarché : quoi choisir ? comment distinguer les vraies valeurs des gadgets ? les modèles incontournables des pâles copies ?

Il faut savoir 2 choses : au début, on y comprend rien. Ensuite, ça devient une obsession !

Grâce aux conseils précieux d’autres musiciens (merci surtout Steven), j’ai commencé ma quête (probablement sans fin) du pedalboard ultime.

Voici où j’en suis en ce mois d’août 2018. Je choisis de présenter ma composition actuelle dans l’ordre logique des effets.
Pour faire simple, il faut imaginer le chemin que fait le signal depuis la guitare jusqu’au haut-parleur.
Sans effet, il y a donc d’abord la guitare, un pré-amplificateur, un amplificateur de puissance et enfin le baffle.
On peut intercaler des pédales d’effet tout le long de cette chaîne. Souvent, ce qu’on appelle un ampli guitare est en fait un combo. C’est à dire un bloc regroupant pré-ampli, ampli de puissance et enceinte. Alors, comment insérer les effets quand on a un combo (comme moi) ? Pour ça, il faut utiliser ce qu’on appelle une boucle d’effets (Tous les combo n’en sont pas équipés). Il s’agit d’une entrée et d’une sortie sur le combo qui permettent de positionner certains effets entre le pré-ampli et l’ampli de puissance. Les effets qu’on insère là ne sont donc pas impactés par les réglages qu’on pourrait modifier sur le pré-ampli (équalisation, boost, gain…) en entrée mais en sortie.

Voici un exemple de chaîne d’effet. L’ordre des effets est important puisque chaque effet influe sur le suivant :

Par contre, dans cet exemple, on ne voit pas comment utiliser la boucle d’effets. En général, les effets dits « de modulation » (phaser, flanger, chorus, tremolo …) sont ceux qu’on ira placer dans la boucle d’effet. Le looper est à placer à la toute fin de la boucle d’effets. Ainsi, il récupérera tout le son créé le long de la chaîne mais ne sera pas impacté par l’enclenchement d’un effet en amont quand la boucle enregistrée sera jouée.

Après ce long préambule un peu technique, voici ma configuration actuelle (pour ceux voire celui ou celle que je n’ai pas encore perdu-e-s) :

1ère place : accordeur
Mon premier passage sur scène s’est résumé à une panique totale quand je me suis rendu compte que mon accordeur de manche (petit boîtier accroché à la tête de ma guitare) était complètement inefficace dans l’environnement bruyant d’un live. Impossible de m’isoler sans quitter la scène et donc interrompre mon jeu. J’ai donc dû me résigner à identifier la corde désaccordée et à éviter de trop la faire sonner jusqu’à la fin de la chanson. Grosse panique ! A la suite de cette mésaventure, j’ai opter par un accordeur pédale qui permet de s’accorder en toute discrétion. J’ai opter pour le Baby Tuner de Mooer. C’est une pédale au format mini, sans pile. Il faut donc une alimentation. Le switch (le bouton du dessus) permet de couper le son et donc de s’accorder sans que tout le monde en profite. Il existe toute une gamme d’accordeur. Celui-ci est selon moi un bon compromis. J’aurais aimé le Polytune de TC Electronic qui permet de vérifier l’accordage des 6 cordes en même temps mais le prix ne se justifiait pas pour l’usage que j’en ai.

2ème place : Ouah ! wha wha
Un effet reconnaissable entre tous
Là encore, s’agissant d’un effet que j’utilise occasionnellement, je voulais quelque chose de simple mais de solide et durable. J’ai opté pour la classic Wah de Morley

3ème place : Overdrive
Là, c’est plus subtil. Cet effet n’est pas simple à décrire. Il s’agit (de ce que j’ai compris) d’imiter le grain d’un ampli à lampe. En tout cas, ça donne un son plus ample et plus blues.
J’ai opté pour la version mini de la pédale overdrive de référence la TS 808, la TS mini de Ibanez . Elle vaut 3 fois moins cher que sa grande sœur.

4ème place : Equalizer
Pour sculpter le son, pour obtenir un gain de puissance pour certains passages (solos par exemple). J’ai trouvé une GE-7 de Boss dans un cash de Bourges

Là s’arrête la chaîne en amont du pré-ampli. Le son sort de la GE-7 et va dans l’input du combo. Il parcourt les options de réglage du pré-ampli (option clean ou lead sur mon Hughes & Kettner Bonde Edition). Là intervient la possibilité d’utiliser un foot switch pour pouvoir basculer du son clair au son saturé de l’ampli. Le son poursuit sa route dans EQ (réglage 3 bandes) passe par la reverb de l’ampli.
La boucle d’effet entre en jeu à cet endroit. Il faut donc sortir un jack par le line out. Il porte parfois un autre nom : « send ». Le son continue alors son chemin vers la prochaine pédale.

5ème place : phaser
J’ai cette pédale depuis de nombreuses années. Là encore, c’est un effet que je n’utilise que très peu. Celle que je possède est une PH-2 de Boss

6ème place : Tremolo
Là, c’est un effet que je me suis acheté récemment. C’est un son très particulier mais très répandu. Vous le reconnaîtrez en l’écoutant. J’ai opter pour la Choka de TC Electronic après avoir regardé une vidéo sur audiofanzine. Prix imbattable et son impeccable.

7ème et 8ème places : Looper et son foot switch
Pour jouer en configuration restreinte, une pédale de loops est vraiment utile.
On peut enregistrer une rythmique en direct et jouer ensuite un solo sur la partie qui vient d’être enregistrée. On peut aussi préparer des boucles et s’en servir comme accompagnement, tout ça étant pilotable au pied.
Mon modèle est une RC3 de Boss avec un foot switch FS-5U qui permet de bénéficier de plus d’option sur la RC-3. Il m’en faudrait même 2.

A ce stade, le son repart vers le line in de l’ampli (aussi appelé retour ou return). Il part vers l’ampli de puissance et sort par l’enceinte.

Il ne me reste plus qu’à évoquer 3 aspects pratiques de ce type d’installation : le câblage, l’organisation et l’alimentation.
Pour le câblage, il faut prévoir 1 jack entre chaque pédale + 1 guitare ->1ère pédale +  1 dernière pédale->pré-ampli + 2 pour l’aller retour boucle d’effet + celui du foot switch du RC-3. Dans ma configuration, ça en fait quand même 10 ! Il ne faut malgré tout pas lésiner sur la qualité.
Pour l’organisation, j’ai opté pour un pedalboard . Le mien est très grand car je n’ai pas l’intention de m’arrêter-là. Il me manque au minimum une bonne pédale de delay et un bon chorus.
Pour l’alimentation, soit vous avez un stock inépuisable de piles 9 volts, soit vous achetez à chaque fois un transformateur pour chaque modèle, sachant que les formats de mini pédales n’ont pas d’emplacement pour la pile. J’ai choisi de m’équiper d’un boîtier d’alimentation. J’ai choisi le harley benton powerplant junior car il n’est pas trop cher (33 euros en 2018) et il est très bien isolé. J’évite ainsi les ronflements parasites. J’en ai 2 car les 5 sorties ne me suffisent plus. Il est fourni avec un câble Y qui permet d’alimenter une pédale qui aurait besoin de plus d’intensité.

Voilà, j’en ai fini avec cette longue digression technique qui aura peut-être intéressé certains d’entre vous  🙄

Je vous propose quelques liens qui vous en diront plus si le sujet vous a intéressé :
Les différents effets pour guitare sur « Instinct guitare »
La boucle d’effet sur « Cours Good Vibes »
Boucle d’effet ou direct ? sur la chaîne de Nono « NeoGeofanatic »
Un test des pédales TC Electronic que j’aime bien
Une série de test de pédale d’overdrive (34 pédales testées !!!)

Chris

Update studio

Bonjour à tous,

Pas encore de nouveaux titres en ce début 2018 (happy new year d’ailleurs) mais ça vient. D’autant que je suis en train de commencer un projet tout à fait nouveau pour moi, je suis en train de traduire en anglais certaines de mes chansons et de les réenregistrer dans de nouvelles versions. Rassurez-vous, ce n’est pas moi qui traduit ni ne chante les nouvelles versions. Je fabrique ça avec mon ami Francis Catley, sujet de Sa Majesté et chanteur de son état. Il y aura des chansons de mon cru, des chansons de Francis, des nouveautés et peut-être quelques reprises.

Côté instruments, il y a quelques nouveautés. Vous avez sans doute remarqué que même si je consacre une grande partie de ce site à ma musique, j’aime bien aussi vous parler de ce avec quoi je la fabrique. En effet, fabriquer mon son, jouer de mes instruments est aussi important que le résultat.

Je vous présente donc ma nouvelle guitare. C’est une guitare à résonateur de marque Recording King, de type Dobro. C’est très particulier comme son, très country blues. Les observateurs et les fans de Dire Straits remarqueront la ressemblance avec celle figurant sur la pochette de Brothers in arms
J’ai aussi fait l’acquisition d’un nouveau micro AKG pour enregistrer la guitare acoustique.
Enfin, j’ai confié ma vieille basse à Custom Guitar Shop pour lui offrir une deuxième jeunesse et j’ai été agréablement surpris d’apprendre que c’était un modèle « vintage » plutôt intéressant. Je lui ai donc offert de nouveaux micros Delano.

Accessoirement, je suis passé à la version 9 de Cubase.

Voilà pour ce début d’année 2018.