Mon histoire commence ainsi…

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Un album composé de 10 chansons, c’est une création souvent chaotique.
L’écriture, la composition, les arrangements se font simultanément. Il n’y a pas des chansons finies très longtemps avant les autres. En tout cas, c’est ma façon de procéder.

Pour Ere de Je, je pensais écrire juste sur mes livres préférés. Puis j’ai senti que pour un concept album tel que je l’ambitionnais, il fallait une introduction et une conclusion.

« Mon histoire commence ainsi » a donc été naturellement conçue dès le début pour être la première chanson de l’album.

La musique de cette chanson est ancienne. Je pense que j’ai dû la composer en 1996. Le texte originale s’appelait « le rêveur ». Il racontait l’histoire d’un enfant, élève, qui ne comprenait pas les demandes contradictoires des enseignants : « apprendre par coeur et avoir de l’imagination. Avoir une mauvaise note pour ne pas avoir correctement appris « le Cancre » de Prévert !

Mais le texte ne collait pas à ce que je voulais pour le début de l’album. Par contre, la musique était identique à celle que j’ai gardée. La mélodie du chant est celle qu’on retrouve dans les soli de guitare électrique.

Pour le nouveau texte, j’avais d’abord décider de « composer » quelque chose à partir de plein de citations extraites d’un maximum de livres. Je me vois encore choisir une cinquantaine de livres dans ma bibliothèque et les entasser dans mon bureau. J’ai commencé à ouvrir les romans, les essais, au hasard, espérant tomber sur une phrase emblématique. Ça a marché quelques fois mais finalement, ça s’est révélé fastidieux et peu inspirant. Le début de texte ainsi créé manquant d’âme.

Il a suffi que j’écrive un peu par hasard cette phrase « mon histoire commence ainsi » pour que le reste coule tout seul. Je crois que j’aurais pu écrire encore des dizaines de couplets supplémentaires… 12 couplets quand même !

L’idée du texte est sans doute assez claire mais je vais la commenter un tout petit peu.

Bien évidemment, il s’agit d’une évocation de l’enfant un peu absent que j’étais. La « Sainteté sacrilège » du 4ème couplet révèle par exemple le fait qu’on m’appelait « Saint lambin » quand j’étais à l’école primaire car j’étais très lent, pour tout faire, me lever le matin, faire mes devoirs, travailler en classe.
Mes instituteurs semblaient démunis et inquiets de cette attitude, craignant sans doute que je ne m’adapte pas un monde qui commençait déjà à s’accélérer en cette fin des années 70. « Saint Lambin » Sobriquet peu glorieux contre lequel je ne me suis jamais vraiment insurgé tant je n’y sentais pas de malveillance. Je crois que j’étais assez insensible au monde extérieur. Je ne le décryptais pas. Je le subissais complètement

Je me souviens par contre du sentiment que j’avais devant mes premières obligations de lecture. Je les fuyais. Je les esquivais. « Incroyables aventures de mister mac miffic » fût longtemps le seul sujet de mes fiches de lectures répétitives. Jusqu’à 14 ans, je ne lisais pas. Même les œuvres obligatoires du collège, j’ai réussi en n’en lire aucune à part « le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède » d’où je tiens sans doute mon affection pour la Scandinavie.

Pourtant la découverte du plaisir littéraire se fît dans la boulimie. La bibliothèque de mon grand frère Pascal contenait peu de classique de XVIIème mais elle était pleine de romans de SF. J’ai alors entamé mon marathon « Guieuien ». Je crois que j’ai lu pas moins de 50 romans de Jimmy Guieu en 1 an. Bien sûr, ça n’est pas du Chateaubriand mais on éduque pas le goût des œnologues en commençant pas leur faire goûter un Pommard 59, je crois. La science fiction a donc été cette ouverture car ce sont d’abord ses histoires captivantes qui m’ont attirées. Grâce à Guieu, je suis venu à Tolkien, Bradbury, Van Vogt, Asimov, Lovecraft, Barjavel, Huxley, Clarke, K.Dick, Stephen King  . Avec ces auteurs, j’ai découvert le style en plus de l’histoire. La grande anthologie de science fiction « histoire de… » a multiplié les occasions de rencontrer de nouveaux auteurs comme « Des fleurs pour Algernon » que j’ai découvert sous la forme d’une nouvelle.
Il y a eu aussi des rencontres humaines. Tug surtout chez qui j’ai pu piocher dans une bibliothèque si désordonnée qu’il ne fallait pas espérer trouver un quelconque livre classé. Il fallait donc prendre au hasard. Je me souviens de la découverte de « Jonathan Livingston le Goéland », un livre en édition originale qui avait vécu. Plus de couverture, corné à souhait et bien mal en point. Mais les mots étaient quand même là alors peu importe.
Le monde de la BD aussi, c’est chez les Laurent que je l’ai découvert. Surtout Bilal et Caza.

C’est donc là que mon histoire de lecteur a commencé…

Ceux qui me connaissent aujourd’hui savent à quel point la littérature est centrale pour moi et j’espère qu’avec cette évocation, je donne et je donnerai l’envie d’y aller, de s’attacher aux œuvres.
Si, déjà, vous êtes parvenus à la fin de ce long article, c’est un bon signe.

Chris

 

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