Archives de catégorie : musique

la supportable lourdeur du néant

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Une musique recyclée, quoi de plus naturel pour un texte qui évoque Nietzsche…
J’ai effectivement composé cette chanson et cette mélodie il y a sûrement plus de 25 ans. Le texte original parlait à peu près (oui car les thèmes de mes chansons étaient autrefois très approximatifs…) du rapport de la jeunesse à la vieillesse. C’est l’ambiance mélancolique de la mélodie qui m’a fait supposer qu’elle collerait plutôt bien à son nouveau thème.
Sève chante pour la 3ème fois de l’album. J’ai innové pour la prise de son.
Je me souviens que je cherchais une façon de créer un intimité, un chuchotement au creu de l’oreille. Il fallait surtout que Sève est un excellent retour afin qu’elle n’ait pas à forcer et qu’elle s’entende bien pendant la prise de son. La solution a été paradoxalement de pousser le gain d’entrée (tant pis pour le souffle qui vient immanquablement avec cette pratique) et de demander à Sève de chanter à plus d’un mètre du micro. Vous pourrez prêter attention au résultat en écoutant la chanson.

Sinon que dire de l’arrangement ? C’est une ballade. Les solos sont très plaintifs. Je trouve que ça renforce l’ambiance triste (y’avait peu être pas besoin…). Je suis assez fier aussi de la façon dont j’ai introduit le piano dans l’ensemble.
ça reste une sorte de tic chez moi cette façon d’empiler les instruments.  Même si cette pratique est loin d’être originale, je n’arrive pas toujours à m’en affranchir.

Voici donc finie cette petite expression sur cette 9ème chanson de « Ere de Je ».
Dernière palabre avec la ligne droite de l’ultime titre.

Mars (en mars)

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« More than night,  when I was 12 years old, I looked at planet march and i said « take me home ! » and the planet march took me home and I never came back.
and I read every day and the last seventy five years, I’d never stop reading »

(« Pendant la nuit, quand j’avais 12 ans, je regardais la planète Mars et je lui avait dit « Emmène-moi chez toi », et Mars m’a emmené chez elle et je ne suis jamais revenu.
Et je lis tous les jours depuis les soixante-quinze dernières années, je n’ai jamais arrêter de lire. »
Texte retranscrit d’oreille à partir de mon niveau d’anglais très limité. Si quelqu’un comprend mieux que moi ce qu’il dit, n’hésitez pas à me le signaler)

C’est la voix de Ray Bradbury que j’ai souhaité ajouter dans ma chanson.
Sa littérature est complètement imprégnée de cette mélancolie, d’une forme de tendresse finalement plutôt rare dans la littérature de SF. Je ne peux qu’encourager le néophyte de ce style littéraire à franchir le pas avec cet auteur. Bradbury est un ethnologue de l’altérité. Une des constantes de son oeuvre est le double regard, le miroir qui nous fait prendre conscience que nous sommes aussi étrange pour l’autre qu’il ne l’est pour nous.

Ma chanson évoque deux nouvelles du recueil « Chroniques martiennes » paru en 1950. Bradbury n’y cherche aucune vraisemblance. Il nous compte juste une colonisation de plus, la même histoire que celles des civilisations d’Amérique du sud qui disparurent avec l’arrivée des colons.  Les « conquêtes » de nouveaux territoires sont des violences faîtes au autochtones. L’histoire y est écrite à coup de malentendus, de destruction, de transmission de maladie (En Amérique, la syphilis, sur Mars, la varicelle, une maladie d’enfants), d’assimilation et de négation d’identité.
Ray Bradbury nous raconte pourtant les premières expéditions sur Mars avec tendresse et humour, et surtout avec la perspective des deux camps, l’étrangeté ressentie par les martiens lorsque les premiers spationautes atterrissent (amarsissent ?).

J’ai choisi de m’attarder sur la première rencontre qui faillit être une histoire d’amour interplanétaire et qui finit comme une tragédie domestique. L’air inconnu (pour elle) que fredonne Ylla (qu’elle entend sans le comprendre car elle ignore qu’elle est télépathe) explique le thème de mes refrains « Plaisir d’amour ».
Le dernier couplet évoque la fin magnifique du recueil : les martiens sont morts ! Voici les martiens.

Il ne vous reste plus qu’à lire (ou relire, je l’espère) ces pages pour retrouver mes références.

 

L’Aleph et l’hommage

progressif

Musicalement, l’univers de l’Aleph est « progressif ».
Pour les « inhabitués » du genre, ce style musical part sans doute de la musique psychédélique des années 60 avec des groupes comme Pink Floyd puis Genesis, Yes ou Jethro Tull.
Dans les années 70, j’y rajoute Mike Oldfield, Supertramp, Ange (groupe français !), Queen.
Dans les années 80, il y a bien sûr le néo-progressif de Marillion (Fish aussi), IQ, Pendragon et même Tears for fears qui nous a parfois embarqué aussi dans un  univers très construit.
La relève du XXIème siècle, c’est pour moi d’abord Muse. Mais j’entends aussi chez Archive et Mocheeba un héritage assumé (le passage surréaliste à 10’35 de « Again » de Archive est une référence évidence à « Echoes »(quasiment au même moment du morceau… no comment) de Pink Floyd sur l’album Meddle. Je pense aussi à RadioHead (et tout particulièrement aux chansons « Paranoid android » ou « Just« )

Voilà ma liste très subjective de ce que j’appelle la musique progressive. C’est juste pour bien resituer mes références. En général, ce sont des chansons longues dans lesquelles plusieurs thèmes musicaux sont développés. Les paroles parlent rarement de la vie des bisounours…

L’Aleph est donc mon premier projet de musique progressive. Ma version de 2000 en est le témoin. On me « reproche » souvent la longueur de mes chansons, leur format peu FM. Je n’ai pas encore la virtuosité de mes pairs et vous remarquerez qu’à part Mike Oldfield, ce sont des groupes. C’est vrai que c’est compliquer de construire un  ensemble cohérent sur une chanson de plus de 5 minutes et surtout de ne pas perdre l’attention de l’auditeur. Il faut sans cesse le ramener au cœur du sujet, piquer sa curiosité pour qu’il ne se mette pas trop vite à regarder voleter les papillons…

Ainsi s’achève donc la chronique de l’Aleph.