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Icarus ou I care us (présentation version française par Chris)

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Voici une nouvelle collaboration avec Francis. Elle a débuté il y a un an.
Les possibilités d’enregistrement sont rares en ce moment et nous avions profité de l’entre-confinement pour faire la prise de voix.
Cette fois, Francis est venu à moi avec une mélodie au piano et une idée de chant. Le texte était embryonnaire, une idée.
Nous avons construit la chanson dans une véritable collaboration.
Le texte a été écrit en français pour la fabrication des idées puis traduit en direct par Francis. Je n’ai pas tout à fait le même souvenir des origines du texte que Francis mais je sais que c’est lui qui a évoqué Icare et le Minotaure.

Ça m’a tout de suite fait penser à cette très émouvante nouvelle de Borges qui s’appelle « La demeure d’Astérion » et qui évoque un minotaure ignorant de son statut de monstre avec cette magnifique fin :  Le soleil du matin resplendissait sur l’épée de bronze, où il n’y avait déjà plus trace de sang. “Le croiras-tu Ariane ? dit Thésée, le Minotaure s’est à peine défendu.”
(« L’Aleph » de Jorge Luis Borges  Lisez Borges !)

Nous y avons invité Djé, le saxophoniste de LR6.
Son intervention devait être plus conséquente mais j’ai dû me résigner à utiliser les prises de son de notre seule séance de répétition faute de quoi nous aurions dû repousser la sortie du titre aux calendes grecques, un comble pour une chanson sur le Minotaure.

Encore une fois, grâce à l’approche à deux esprits, j’explore des aspects de créativité vers lesquels je ne pense pas que j’irais spontanément. Etre réorienté, conseillé, dissuadé ou encouragé dans une voie est très inspirant. Même si tout ça se fait très lentement, je suis fier du résultat et il est plus facile pour moi de vanter une création pour laquelle je ne suis finalement qu’une sorte d’exécutant.

Comme toujours, si vous avez aimé, faîte connaître. ça ne se fait pas autrement…

#chris2020

To the english presentation by Francis :english version

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Ce que tu sais

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ça faisait longtemps, non ?
Le 2ème confinement 2020 (j’espère que quelqu’un lira ces lignes plus tard et ne verra pas du tout de quoi je parle) ne m’a pas forcément laissé plus de temps que j’en avais auparavant. De plus, je fais partie de ces personnes qui ne savent pas prendre les moments qu’on leur donne mais qui préfèrent faire des choses quand elles n’ont pas de temps.

Cette nouvelle chanson, je ne la signe donc définitivement plus JeanSol. Je reviens à ma vraie identité.
Le texte a une histoire qui permet sans doute de mieux comprendre le style d’écriture.  Aux dires des premiers retours, j’y serais plus prosaïque que d’habitude.
L’idée du titre et du contenu me sont venu lorsque je devais avoir 16 ou 17 ans.
A cette époque, j’étais entouré de fumeurs de substances interdites par la loi.
Je n’ai jamais eu d’attrait pour la fumette. Chacun fait ce qu’il veut avec ses attirances et j’ai moi-même d’autres addictions.

Toutefois, je me souviens de ce jour où ce cher R. avait débarqué tout excité chez ce non-moins cher T. en lui susurrant au creux de l’oreille :
– « j’en ai ! »
–  « Mais quoi ? » lui avait répondu T.
– « Ben, ce que tu sais » avait alors dit R. étonné qu’il ait dû être aussi explicite.

J’avoue que ce jeu de Tartufe ne me rendait pas hilare. Je trouvais franchement ridicule cette discrétion pudique qui ne trompait personne.
Voilà pour le titre.

Au risque de passer pour un adhérent des jeunesses du RPR (là, je suis sûr que certains ne voient déjà plus de quoi je parle), je n’ai jamais été un défenseur d’une liberté qui consiste à avoir le droit de se détruire à petit feu pour ce qu’on nomme des paradis artificiels et qui vu de dehors ressemblent plutôt à l’idée édulcorée que je me fais de l’enfer.  J’avais donc à ce moment écrit un texte peut-être un peu moralisateur, un peu premier degré.
Je n’avais pas de prétention à avertir. Je m’imaginais simplement en train de m’adresser à un proche qui sombre.
La musique et la mélodie étaient déjà les mêmes qu’aujourd’hui mais sous une forme d’une balade un peu mole tout empreinte de mon esprit baba-cool de l’époque. Et pas si cool que ça finalement ?

La musique
Le dernier concert que j’ai eu juste le temps de voir avant le 1er confinement (cf la même remarque qu’au début), ce fut Mademoiselle K.
Une jolie claque musicale avec un rock âpre et crâneur, une posture assumée et complètement décomplexée.
Je me suis dit : « ça serait cool de faire un truc comme ça ! »
J’ai cherché dans mon stock (il m’en reste ! Il m’en reste !) et je suis retombé sur cette chanson.
J’ai banché ma Telecaster sur une émulation d’ampli Orange et j’ai trouvé le riff.
Je n’ai presque pas retouché le texte et Sève a trouvé l’intention que je voulais y mettre.

Donc du basique ! Du rock !

Bonne écoute

#Chris2020

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LR6 : concert privé

Deux vidéos de la première prestation quasi-publique de LR6 avec Franck, le nouveau bassiste du groupe.
La première est une chanson composée et écrite justement par Franck : « Au-delà »
La seconde est une reprise de « La sentinelle » du groupe rock français Luke (la version originale ici)

Chris le 20/08/20

Répétition de LR6 du 7 juillet 2020

Il faut bien s’y remettre en espérant que nous pourrons bientôt montrer tout ça à un vrai public ! (même si le petit public qu’a constitué Véro et Patrice, c’est déjà cool).
Voici donc une publication consacrée à LR6.
Une vidéo et des photos :

Les héros

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Cette chanson est écrite depuis assez longtemps. La musique a sans doute plus de 30 ans. Les paroles, elles, datent de 2015. Ce sont les attentats de Paris qui me les ont inspirées. Je ne suis pas coutumier des textes polémiques même si je pense que mes chansons prennent souvent des positions très personnelles.
J’ai fait lire le texte « Les héros » à plusieurs personnes et je reste convaincu que mes intentions n’ont pas toujours été comprises. C’est une des raisons qui ont retardées la sortie du titre.

Le héros, le grec, le romantique, le moderne sont tous des figures « positives » qui engendrent souvent une admiration que je peine à comprendre. Aujourd’hui, c’est le héros ordinaire qui est porté aux nues pour avoir agi normalement.
Les actes significatifs individuels sont désormais à la portée du premier venu déterminé à foncer sur une foule.
Alors ce n’est plus l’individu qui se porte vers l’acte héroïque mais l’action normale qu’on estampille de la valeur morale d’héroïque.

De fait, tout devient confus. Celui qui agit normalement se voit porter en triomphe comme si c’était ça le nouveau courage, la nouvelle hors-norme. Les super-héros envahissent les écrans et on cherche les vrais. Le superlatif est là pour nous rappeler qu’il est donc possible d’être un simple héros, un héros ordinaire, oxymore des temps modernes.

Ma chanson parle avant tout de ce qui motive l’aspirant héros. Et par héros, je désigne celui qui agit pour le devenir, peu importe que ses actes ne soient pas considérés comme héroïques par les autres. Je pense que l’aveuglement du terroriste vient justement du sentiment de légitimité de son action, de sa certitude que les autres ne comprennent pas qu’il agit héroïquement. Ce sentiment d’abnégation est pour moi ce qui est spécifique au héros, plus que l’envie de reconnaissance. Et certain de son bon droit, il prend la pause.

Et vous comprenez sans doute que c’est là que mes propos peuvent choquer.
Je veux juste dire que la recherche de héros, ce besoin manifeste d’en trouver un peu partout, révèlent les dérives d’une époque où nous sommes traumatisés par leur disparition, par ce qui pouvait ressembler à une possibilité de se dépasser, de devenir quelqu’un. Nous vivons une époque négationniste d’elle-même, incapable d’accepter que l’ordinaire est une fin, que le dépassement de soi n’est pas un bien mais une nécessité à laquelle nos ancêtres ont dû se résigner pour survivre.
En mai 2020, nous venons justement d’avoir une flambée d’héroïsme quotidien. Mais pour moi, si elles et ils ont été qualifiés comme tels, c’est justement parce que certains ont été incapables d’y reconnaître ce qui devrait être une norme de comportement. En les qualifiant ainsi, ils se sont mis à l’abris des reproches, de l’action, du comportement exemplaire. Après tout, ils sont bien ordinaires et l’héroïsme n’est pas donné à tous.

C’est d’ailleurs le moment que j’ai choisi pour abandonner le pseudonyme. Au-revoir JeanSol. Je le rends à Vian et je signe désormais de mon nom.

Chris 05/2020

La chanson est aussi désormais en écoute sur ma chaîne Youtube