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Le rêve d’un monstre

  1. Le rêve d'un monstre Chris Aubois 5:36

Donc, en fait, je ne finirai pas mon album avant le 28 février 2021.

Voici l’avant-dernière chanson de l’album. Elle s’appelle désormais « Le rêve d’un monstre ».
Elle s’appelait autrefois « Hitchhiker » (Sur l’album C-A-S-A de 1999 / Aleph . Mais si je ne fais pas de chansons en anglais (sauf avec Francis mais ça n’est pas pareil), il y a une bonne raison. J’ai donc choisi de rebaptiser la chanson.
Le thème est simple : l’évocation d’une jeune fille qui fait du stop et des risques qu’elle prend, faire une mauvaise rencontre.
Curieusement, je réalise que je n’étais même pas encore père quand je l’ai écrite. Aujourd’hui, je crois que je me sens encore plus concerné à l’idée que ce puisse être Eléa.

Nouvelle expérience de sonorisation dans cette chanson : les bruits de voitures proviennent réellement de mes prises de sons dans la rue Glais Bizoin tout près de chez nous. Je n’ai pas demandé d’autorisation aux conducteurs alors s’ils reconnaissent le bruit de leur moteur…

Sans chercher à justifier mon retard mais pour vous faire réaliser ce qu’implique une chanson telle que celle-ci, je vous propose un aperçu de la mix console dans Cubase.
Pas deux ou trois pistes comme vous pouvez le constater.

 

Comme d’habitude, merci de partager, faire découvrir, et tout, et tout. C’est important pour moi.

@Chris post 18PM

ici la version youtube pour du partage

Le texte :

 

Comme tout n’est pas simple (locution hautement plus raisonnable que « rien n’est simple »), je dois avouer que la mise en forme de mon album Le soliloque est plus ardue que prévue.

En effet, c’est l’aboutissement de 5 ans de travail pour les chansons les plus anciennes et j’ai donc dû tout réécouter pour tendre vers une cohérence.
Et puis ce sont 16 et non pas 14 chansons qui sont prêtes (et encore, j’en ai mis 2 ou 3 de côté).

J’opte donc pour une approche différente ; ce sera un double album.
ça n’a l’air de rien comme ça.
On se dit « ouais ben un double album c’est un album qui tient pas sur un seul disque… »

Peut-être aussi, mais ce que je crois avoir souvent observé dans les doubles albums, c’est qu’ils révèlent un projet, une réalisation unique et cohérente qui n’a pas pu s’exprimer dans une durée standard. Ces albums là, je les écoute comme des ensembles . Je pense bien sûr à « The Wall » mais aussi à « Tommy » des Who.

Comme ces exemples, à mon humble niveau, je vais donc essayer de construire une narration au fil des chansons, faire en sorte qu’elles se répondent, qu’elles se complètent, musicalement mais aussi pour les textes et les thématiques.
Le soliloque reste le thème central mais par extension, il y aura aussi celui de la parole, du dialogue, du non-soliloque.
Ce sera une façon de dire que se taire est éloquent et que parler est peut-être aussi, parfois, inutile.
Et bien sûr, la quinzième chanson que je vais vous présenter s’appelle… « Silence ». Je sais, je suis trop drôle.

Chris 2021

Le soliloque

J’approche de la fin de la phase. Le moment discret où je me dis qu’il est temps de clore mon travail. Un rythme invisible, une cadence de chansons qui me donnent l’impression d’une unité. J’ai essayé de traquer cette thématique, celle du soliloque. Je l’ai déjà dit mais c’est l’impression que j’ai parfois quand je produis mes chansons.
Là, j’y suis presque. La chanson éponyme et il ne restera plus qu’une, voire deux chansons.

« Le soliloque » est un ancien texte que j’ai remanié plusieurs fois. L’inspiration des paroles et de la musique m’est venue de la bande originale du film « Phantom of the Paradise » de Brian de Palma et plus particulièrement de la chanson « Beauty and the beast » de Paul Williams. Mais le thème s’est affiné et a vraiment pris tout son sens quand j’ai trouvé son titre.  Le mythe de Faust est toujours présent au début mais ensuite, il y a toutes les autres conversations imaginaires. Celles avec dieu, celles avec l’écrit, avec l’ami absent, celui qu’on fuit et enfin soi-même. Pour moi (c’est juste ma thèse), ce qui nous pousse dans cette solitude, c’est simplement la peur. Parler à ce qui ne peut pas nous répondre, nous contredire.
Toutes les autres chansons que je vous ai proposées sous cette bannière parlent d’autres formes de soliloques : Le posthume (La mort n’est pas le carnaval), celui d’une femme (3919), les dernières pensées d’un enfant-soldat (Rêver trop tard), l’acceptation de ses différences (3 mouvements distincts). Pour les autres textes, c’est plus dilué mais c’est bien là : « On ne s’entend plus » parle du double monologue de la dispute dans le couple.  « Nous sommes tous des clients » de l’aveuglement du consommateur. « Le paradis » de la difficulté de prendre la protection de l’autre. « Austria » : l’absurde surdité des nations qui n’entendent pas l’histoire se répéter. « La beauté de l’inutile » : le doute face à l’écriture.

J’ai bien conscience qu’à ce jeu, on peut raccrocher toutes les chansons du monde à mon thème.
Artificiel donc ? Universel plutôt.

Bonne écoute

Chris le 08/10/19