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Denis nous a rendu visite et nous avons profité de ce moment pour finir une chanson que nous avions commencée en 2024. Voici donc « Oiseau de nuit », écrite, composée et chanté par Denis Breulles.

Nous nous sommes connus il y a si longtemps qu’il n’existe aucune photo de cette rencontre. Comme ça, vous n’êtes pas obligés de croire qu’elle a vraiment existé.
Et pourtant, elle a eu lieu dans une époque qui semble faire fantasmer tant de monde en ce moment : les années 80 !
Alors là moi je vous l’dis, j’y étais et je n’y retournerais pour rien au monde : la peur de la guerre nucléaire (bien plus qu’en ce moment), le SIDA qui nous bousille nos premiers émois, les cols roulés qui grattent et un catalogue de trucs que je préfère passer sous silence.
Mais il y a eu un tas de rencontres qui ont compté pour toute ma vie. Sève, bien sûr, d’abord mais aussi Denis.
Ce gars avait un air vraiment cool, garçon « salopette et sabots ». On s’est rencontré dans des soirées de lycéens complexés cherchant une raison de ne plus l’être. On s’est retrouvé autour de la musique.
ça n’était pas vraiment sérieux (encore heureux) mais ça comptait beaucoup de se trouver des alter égaux.
Nous avons alors composé l’ineffable « Blues du pipi sur le palier » que je ne vous ferai pas l’affront de vous faire écouter sauf si vous venez boire une bière un jour à la maison.

Comme tant d’amitiés adolescentes, Denis a disparu de mes radars avec le départ pour les études, lui en BTS et moi vers Dijon et la philo.

Il aura suffit d’un like sur Facebook 25 ans plus tard et d’une invitation sur le chemin du retour des vacances vers la Bretagne (oui, nous, on rentrait en Bretagne quand les vacances étaient finies, vous êtes jaloux, hein ?) pour que cette amitié timide prenne enfin la dimension qu’elle s’était refusée à réaliser dans notre jeunesse.
Depuis ces retrouvailles, nous consommons nos complicités et nous fabriquons à un rythme plus que raisonnable des chansons et nous les enregistrons encore plus lentement.
Voilà pourquoi, ce n’est que la 2ème…
Si vous aimez, comme d’hab, il suffit de partager.
Si vous voulez dire un truc à Denis, je passerai le message.

Ici le lien vers la page qui regroupera notre musique au fur et à mesure

La parenthèse

  1. La parenthèse Inframarge 06:25

Vous avez peut-être déjà vécu ce moment où vous émergez du brouillard avec un mal de crâne carabiné. Parfois, on ne sait même pas vraiment où on est. En tout cas, on ne se souvient de rien de ce qui a pu se passer au cours de la dernière soirée. Ce black-out, je ne l’ai peut-être vécu que 1 ou 2 fois dans ma vie; Il y a une véritable étanchéité entre ce que je crois être de façon permanente, dans la continuité de mes souvenirs, et ce moment qui a duré je ne sais pas combien de temps et durant lequel il s’est passé je ne sais pas quoi. J’ai pu reconstituer les évènements mais les témoignages, vous savez ce que ça vaut.
Mais surtout, lorsque j’avais cette autre conscience de moi, lorsque je pensais, voyais, agissais sous cette identité alternative, est-ce que je savais qui je suis maintenant ? Y avait il une amnésie miroir ? Et puis, si je peux être 2 personnes qui ne se connaissent pas, laquelle est la vraie ?

Mais cette chanson n’est pas mon histoire. Elle raconte ce que j’imagine être ce que vit celui qui revient trop souvent dans cet endroit.  C’est de ça dont parle « La parenthèse »

Chris2026

Streatham shoreline (Never Cry in Britain)

Streatham shoreline
Il y avait bien longtemps que je n’avais pas produit de nouvelle chanson avec Francis.
Voici donc une mélodie qui lui trotte dans la tête depuis des décennies m’a t’il confié.
Le texte date de 2026 et évoque le deuil d’une amie de Francis.

Bonne écoute

  1. Streatham Shoreline Never Cry in Britain 04:17

C’est l’occasion d’aller réécouter ou découvrir les 5 autres chansons que nous avons déjà produites ensemble

 

Quart de siècle

  1. Quart de siècle Inframarge 06:19

L’anti-nostalgie

Nous sommes sans doute presque tous passés par ce sentiment tenace du « c’était mieux avant ».
Nos instants de bonheur ne suffisent pas à éloigner l’angoisse de la déchéance des corps, de la perte des êtes chers, de la douce pente vers l’inéluctable.

Etre nostalgique, c’est souvent ne voir dans le passé que ce qu’il avait de bien et mettre de côté ce qui nous y manquait, soit parce qu’on ignorait que ça pourrait exister plus tard, soit parce qu’on était paradoxalement aveuglés par ce que cet ancien présent avait déjà de mieux que le passé encore plus ancien où nous n’étions pas (et heureusement d’ailleurs).

Si je vous perds là, c’est parce que la nostalgie est une illusion qui ne demande qu’un point de vue pour distordre nos souvenirs. Elle est donc par nature très floue.
Et il faut résister à la tentation de nous représenter une époque perdue comme un lieu du temps où nous voudrions pouvoir nous réfugier.

Ce que raconte « Quart de siècle », ce n’est pas du tout ça. Et peut-être même le contraire.
Je raconte justement ce qu’a été notre enfance dans les années 70 comme une époque qu’il faut renoncer à décoder avec nos filtres actuels. Elle n’était pas meilleure. Elle était inconsciente de ses défauts et de ses qualités.
Nous avons grandi hantés par cet horizon qu’était l’an 2000. Il me semble qu’il est très difficile aux générations y et z de se représenter ce que ça a pu signifier pour nous en terme de fantasme et d’appréhensions.

Et c’est justement de cette attente trahie dont parle cette chanson.
Pas parce que nous avons été plus naïfs ou plus négligents que les autres générations d’avant ou d’après mais parce on nous a prédit un avenir caricaturé et définitif et qui, finalement, a été à la fois une continuité de notre époque et bien plus étrange que ce que nous aurions pu imaginer.

J’ai relu récemment « le voyageur imprudent » de Barjavel et la série des Robots de Isaac Asimov. Ce qui me frappe le plus dans ces œuvres, c’est le futur désuet qu’elles imaginent. Y sont décrites des choses extraordinaires (une société où les individus sont biologiquement spécialisés pour Barjavel, des robots pensants, prémisse de l’IA pour Asimov) mais dans le même temps, Les auteurs n’ont pas réussi à anticiper la transformation en profondeur des mœurs, des rapports humains.

J’ironise sur l’an 2000 qui finalement n’aura même pas été capable de nous offrir un bug, pourtant annoncé et redouté. Je ne veux pas dire que je promets le même destin à d’autres annonces catastrophiques sur le climat ou sur la fin des démocraties. Au contraire, je veux dire à notre jeunesse qu’on se trompe toute notre vie et que ça ne doit pas nous empêcher d’avancer, qu’on doit rester conscients et jamais résignés.

Voici donc « Quart de siècle », une nouvelle tentative personnelle pour porter un regard sur le monde

Chris2025

 

  1. Extrait"quart de siècle" Inframarge 00:19

Sève et moi avions été conviés par nos amis dijonnais, Richard et Valérie à une soirée chez un négociateur en vins de Bourgogne quelque part dans les vignes de Marsannay-La-Côte.

Nous étions déguisés (j’adore ça !). Sève m’avait confectionné une panoplie de Jedi (l’épisode 1 de la prélogie Star Wars venait tout juste de sortir) et j’avais donc une fausse natte et un sabre laser bricolé à partir d’une lampe torche et rouleau de film plastique translucide bleu pour protéger les livres scolaires).

Sève avait revêtu la tenue de Lara Croft, débardeur moulant, short de baroudeuse, boots et elle s’était même fabriqué des holsters pour porter deux facsimilés de Desert Eagle sans doute achetés à la Foir’fouille de Quétigny.

Je me souviens peu de cette soirée. Il y a avait du monde. Richard et Valérie bien sûr mais aussi Christophe Q et son épouse du moment.

Voilà

C’était il y a 25 ans

Un quart de siècle quoi

Et vous ? Vous étiez où le 31 décembre 1999 juste avant minuit ? Racontez moi…