Voilà, ça n’a pas été très long et je pense que je n’ai rien oublié. Et ne serait-ce pas l’occasion pour vous de revisiter le site ? Pour vous aider, voici les contenus que vous pourrez y retrouver
Vous avez peut-être déjà vécu ce moment où vous émergez du brouillard avec un mal de crâne carabiné. Parfois, on ne sait même pas vraiment où on est. En tout cas, on ne se souvient de rien de ce qui a pu se passer au cours de la dernière soirée. Ce black-out, je ne l’ai peut-être vécu que 1 ou 2 fois dans ma vie; Il y a une véritable étanchéité entre ce que je crois être de façon permanente, dans la continuité de mes souvenirs, et ce moment qui a duré je ne sais pas combien de temps et durant lequel il s’est passé je ne sais pas quoi. J’ai pu reconstituer les évènements mais les témoignages, vous savez ce que ça vaut.
Mais surtout, lorsque j’avais cette autre conscience de moi, lorsque je pensais, voyais, agissais sous cette identité alternative, est-ce que je savais qui je suis maintenant ? Y avait il une amnésie miroir ? Et puis, si je peux être 2 personnes qui ne se connaissent pas, laquelle est la vraie ?
Mais cette chanson n’est pas mon histoire. Elle raconte ce que j’imagine être ce que vit celui qui revient trop souvent dans cet endroit. C’est de ça dont parle « La parenthèse »
Je me souviens très bien de la sensation que j’ai ressentie quand Sève a été infectée par le Covid 19.
Nous n’étions déjà plus confinés et nous avions, tant bien que mal, réussi à passer à travers les mailles de la contagion.
Souvenez vous.
Depuis plus d’un an, bons petits soldats, pas réfractaires pour 2 sous quand il s’agit de notre santé et de celle des autres, nous avions non élégamment porté nos masques aux couleurs improbables. N’allant quand même pas en faire, comme certains, le nouvel accessoire fashion de la saison Printemps/été 2020.
Nous avions frotté frénétiquement nos mains avec des produits qu’on nous proposait aux coins des rues, à l’entrée des boutiques et même au travail, mendiants d’un nouveau genre glanant le fluide salvateur, élixir non consommable mais si cher à notre immunité.
Rappelez vous
Nous avions respecté les horaires de promenade, calculé la distanciation raisonnable au centimètre près. Nous avions pris l’air (pur ?) à tour de rôle, tout en frémissant à l’idée que la police ne vienne contrôler un pass périmé depuis dix minutes.
Oubliez
Nous avions entendu, écouté que nous étions en guerre mais que tout irait bien sans compter.
Nous avions espéré qu’un marabout ait raison (2 secondes) et puis attendu qu’on le fasse taire.
Nous n’avions pas applaudi car le spectacle n’était pas bon. Les acteurs attendaient qu’on les aide, pas qu’on les encourage.
Et puis
Nous avions fait la queue virtuelle puis réelle pour obtenir le sésame et sortir enfin de la caverne. La douleur du deltoïde du voisin créait de nouvelles rencontres. « C’est votre première dose ? Vous verrez on ne sent presque rien. L’infirmière est une experte. »
Nous avions scruté le sens de la courbe, espérant qu’elle s’inverse enfin. Nous avons attendu qu’il n’en reste que des statistiques.
Presque à l’horizon de ce corridor, nous y avons cru égoïstement : » ouf ! pas nous »
Mais, un jour comme un autre, Sève tousse. Bien sûr elle est vaccinée mais j’ai peur car il n’y a rien de plus désarmant que de voir ceux qu’on aime entrer dans l’inconnu.
Après une petite torture nasale et 15 minutes d’attente bien plus longues que 900 secondes, c’est là .
Il faut s’y résigner et ne pas paniquer.
Nous l’avons isolée du mieux que nous avons pu en espérant qu’elle sentirait notre présence à travers les murs.
Elle s’est recluse comme une ermite, acceptant l’aumône que nous déposions à sa porte.
Nous nous sommes ensuite écoutés pour percevoir l’émergence du premier symptôme chez nous. Mais rien n’est venu. La roulette russe génétique.
Et une nuit, seul dans le lit trop grand, je me suis imaginé les étapes qu’un organisme minuscule avait franchi sur des milliers de kilomètre, de main en main, de nez à nez, de bouche à bouche pour venir s’inviter dans l’organisme de Sève. Il était tombé là presque par hasard. Même si nous ressentions une culpabilité d’avoir baissé la garde trop tôt.
Il fallait tenir bon. Espérer.
Bon, trop mélo, je sais, puisqu’elle va très bien et a plutôt vite guérie. Mais qui aurait fait le malin à notre place ?
Cette chanson est née de cet instant, la nuit insomniaque à une heure du matin. Une phrase qui vient, puis une seconde. Et il faut se relever pour les noter de peur de les oublier.
Ceux qui prendront le temps de lire le texte auront peut-être besoin d’une ou deux explications (le texte est ici):
Pour le titre, c’est Sève qui me l’a suggéré. Elle m’a indiqué que c’était la première appellation du virus à l’état de « préoccupant (variant of concern)« . Je trouve qu’il sonne bien et qu’il est beaucoup mieux que celui que j’avais imaginé initialement (« Ainsi »)
Pour partager la chanson et qu’elle devienne virale, il y a ce site, la page youtube et toutes les plateformes (Deezer, Spotify, Apple Music…)
Je vous livre aussi ce qui devait être initialement le refrain mais que nous n’avons pas gardé : « Pourtant je fus atteint
De nez en nez
De bouche en bouche De main en main
Le petit roi perdra-t-il sa couronne.
Chacun spécule sur qui le remplacera. »
Voici une illustration supplémentaire que nous n’avons pas gardée.
Toltèque est notre 3ème chanson produite sous le nom de groupe « Aurore ».
C’est à l’origine une chanson écrite pour LR6 mais j’avais envie d’en faire une version plus intimiste et diffusée sur nos réseaux.
Le titre « Toltèque » n’est là que pour la consonnance du mot. N’allez pas y chercher un quelconque sens caché (pour une fois…).
La chanson évoque le ras-le-bol des images hyper oppressantes dont nous sommes abreuvés, de l’aspiration à l’exposition qui semble fasciner tant de monde et des moyens que certains sont prêts à employer pour avoir leurs 30 secondes de célébrité.
Le refrain parle de la demi-lobotomie que ces volontaires d’un nouveau genre sont prêts à subir.
Pour l’instant, la version Youtube n’est pas un clip mais ça arrive.
La chanson sera disponible sur toutes les plateformes.
Le vendredi 9 août 2024, Inframage (Sève et moi, donc) avons été invités à nous produire dans un contexte plutôt original : Chaque été, la ville de Loudéac organise des concerts au sein des chapelles de son territoire. Celui-ci est très rural et très étendu, 80 km² (A titre de comparaison, Paris fait 105 km² !).
Les chapelles ne manquent donc pas et nous avons investi celle du Ménec pour une soirée.
Nous avons pu proposer une répertoire jamais testé sur scène. Bon, iI s’agit en fait du second mais le premier avait eu lieu en octobre 2023 dans une salle privée en Normandie.
Voici donc l’intégral du concert en vidéo. Vous excuserez la qualité du son et de l’image. Tout a été capté depuis le camescope, fixe sur son pied.