Alea jacta est

coeur

Petit bonus du 14 février

Fête des amoureux oblige, j’ai réorchestrée la chanson que j’avais écrite et composée en 1993, peu après notre mariage. Je l’avais déjà réalisée sur l’album “C.A.S.A”.
Alea jacta est” est la formule que nous avons fait graver dans nos alliances car une vie de couple, c’est un pari où rien n’est écrit d’avance et où il faut accepter les risques.

Sève, ces aléas partagés depuis plus de 24 ans n’ont jamais entamé ma volonté de poursuivre le chemin. Je t’aime

Petite version électro

manuscrit

Musicalement, le choix n’était pas facile. La version d’origine que j’avais enregistrée dès 1999 (cf l’album “C.A.S.A” dans Aleph) pour une musique que j’ai probablement composée en 1988 se voulait plutôt folk, une balade guitare voix minimaliste.

Je propose cette fois une version plus électro. C’est comme ça que je le définirai mais sous quel genre la rangeriez-vous ? Dite le moi…

Petit orgue style Hammond créé à partir de EZkeys, une basse, des nappes, des drums très boîte à rythmes et les arpèges très scintillants de ma telecaster.
Ambiance mélancolique sur laquelle Sève pose sa voix.

Il venait d’avoir 18 ans…

18ans

Aujourd’hui, Lucas a 18 ans.
Voici la chanson que je lui avais consacrée dans l’album “Le roman et l’étincelle”

 

Le malheureux espagnol

la-tour

Pour cette chanson, je ne prends pas la parole. Je l’emprunte à Gérard de Nerval. Même si le projet de l’album est d’écrire sur mes livres préférés, je ne me voyais pas écrire sur un poème et en même temps, je ne pouvais pas ne pas honorer ce texte.

Gérard est un poète du XIXème siècle. Il est assez fréquemment étudié au lycée.
De son œuvre, je ne connais finalement qu’assez peu de choses. La découverte de ce poème magnifique, je la dois à mon prof de français de 1ère A1 (l’actuelle 1ère L avec option maths et philo, je sais que ça peut paraître bizarre et je ne sais pas si ce mélange d’apprentissages existe encore aujourd’hui).
Ce professeur s’appelle Pierre Bastide. Je sais qu’il n’enseigne plus mais qu’il écrit lui-même de la poésie et qu’il publie des œuvres telles que celle-ci “Lithogrammes” .
Même s’il n’en sait rien, je lui dois sans doute mes premiers vrais émois littéraires et sa façon d’enseigner la littérature a donné un amour des lettres et l’envie d’écrire à au moins 2 personnes : (Moi-même, je me cite en 1er, c’est pas bien…) et Patrice Maltaverne qui est un poète habitant aujourd’hui à Metz avec lequel j’étais au lycée. Deux élèves au moins d’une même classe la même année… C’est un bon résultat, une preuve de l’efficacité et de la qualité de l’enseignement en France, non ? Combien au final ce professeur aura-t-il suscité de vocations ?

El Desdichado est un poème très sombre. Quand on s’intéresse à la vie de son auteur, on trouve quelques pistes pour en décrypter le sens. Je n’ai jamais revérifié cette source mais je me souviens encore assez bien des explications de Pierre Bastide : “La tour Abolie” car De Nerval se pensait issue d’une vieille famille noble. “Deux fois traversé l’Achéron” car il a été deux fois interné en hôpital psychiatrique. Je ne vais pas vous refaire mes cours de 1ère mais je vous invite à aller chercher plus profondément le sens de la symbolique de ce poème.

La fin de De Nerval ne manque pas non plus de saveur quand on sait qu’il s’est pendu à un réverbère, rue de la vieille lanterne à Paris, toute une symbolique jusqu’au moment de mourir… mais c’est peut-être une légende…

Chère amie auditrice…

Je reprends ici un commentaire (avec son accord) que Daphné m’a fait parvenir après mon dernier article :

“Salut Christophe, (c’est moi ndlr)
Tes explications dans le dernier article que tu as posté aujourd’hui viennent à pic ! Quand tu écris ” Je ne voulais pas que le texte soit raccord à l’ambiance musicale.”, je comprends désormais mieux tes intentions par rapport à la nouvelle chanson “Les héros” . En écoutant celle-ci, c’est exactement la réflexion que je me faisais : le texte et l’air musical ne sont pas à l’unisson, l’un me racontant quelque chose de grave, de tragique, l’autre plein d’allégresse et sautillant d’un effet sonore à l’autre (un peu trop à mon goût, ça me perd un peu). En tout cas, très chouette ton idée de nous faire partager la manière dont naissent tes textes et chansons. ”

Voici ma réponse qui je l’espère pourrait lancer une petite discussion :

“C’est vrai que c’est souvent un remarque qu’on me fait.
Après tout, je pense que mes textes sont souvent assez fort et je suis certain qu’une intimité de la musique, une ambiance plus épurée et calme les serviraient peut-être différemment. Mais c’est négliger que j’ai envie de faire de la musique, de créer des arrangements sophistiqués. Comme je ne sais pas vraiment écrire autrement et que je ne me vois pas vraiment faire autre chose que des chansons, je me suis résigné à cette contradiction et je l’assume même.
Mais à bien y regarder, je suis aussi dans la droite lignée d’une certaine chanson française. Je pense à la chanson “Sumangali” de Clarika qui traite de l’exploitation des jeunes filles dans les ateliers géants d’Inde, Vincent Baguian (Ce soir c’est moi qui fait la fille), Albin de la Simon (Mes épaules), Aléxis HK (l’homme du moment), pourquoi pas Calogero (Un jour au mauvais endroit) voire Balavoine dans “L’Aziza”et Cabrel dans “La corrida”.

Du coup, je pense que si on s’attache plus aux paroles de la chansons française (d’une certaine chanson française qui se situerait au delà de l’insouciance de Dorothée mais en deçà du pathos de Brel), je suis prêt à soutenir que je suis loin d’être seul dans cette manière de faire.”