SPETT.UMBERTO ECO A NAPOLI (SUD FOTO SERGIO SIANO)

Hier je terminais mon article sur Borges par une référence à Umberto Eco.
Aujourd’hui nous apprenons sa mort.

J’avais imaginé écrire une chanson sur l’un de ses livres car il est l’un de mes auteurs préférés. Mais comme avec Boris Vian ou Michel Folco, la richesse et le style de son écriture ne m’inspiraient pas. ça peut paraitre contradictoire mais j’ai besoin de trouver ma place dans l’œuvre de celui dont je veux parler. J’ai besoin de pouvoir m’insérer dans son univers. Umberto Eco, Michel Folco et Boris Vian ont au moins cela en commun que leurs façons d’écrire sont si denses, si singulières que je n’ai trouvé aucune porte d’entrée. J’avais finalement le choix entre paraphraser ou trahir. J’ai préféré m’abstenir.
Dans cette article, je souhaite vous inviter à découvrir ou redécouvrir Umberto Eco.
Outre son œuvre la plus connue et sans doute la plus accessible « le nom de la rose », il m’a emmené dans des découvertes culturelles gigantesques. Car Ecco était exigeant avec ses lecteurs. Il attendait d’eux une grande curiosité. Il ne donnait pas toutes les clés de ses histoires.
Lorsque, par ma culture plus spécifiquement orientée vers la philosophie, je comprenais qu’il faisait allusion à Blaise Pascal ou Descartes sans les nommer dans « L’île du jour d’avant » ou qu’il expliquait les règles de la logique des prédicats dans « Le pendule de Foucault », je prenais cette compréhension comme une forme de complicité directe avec l’auteur, une sorte de connivence comme s’il venait se confier directement à moi, comme s’il écrivait spécialement pour moi. Mais je suspectais aussi à quel point je passais certainement à côté d’une quantité incroyable d’allusions, codes, symboles et sous-entendus. Car Umberto Eco parle à tous. Il est pour moi ce qui se rapproche le plus de l’esprit de l’encyclopédie au XXème siècle.
Il était aussi incompris comme quand il fût soupçonné d’antisémitisme pour son livre « Le cimetière de Prague ». Moi-même quand j’ai commencé ce livre, j’ai été interpelé par l’ambiguïté de ce qui s’y racontait mais connaissant l’auteur, je me suis laissé conduire là où il m’emmenait. Et comme toujours, c’est dans cet effort que se trouvait la réponse. Pour cela, Umberto Eco est un auteur de la catharsis. Il nous transporte dans son monde. Mieux, il nous contamine de ses sentiments. Il est l’un des plus subtiles dénonciateurs des complotistes. Et il parvient à nous faire entrer dans leurs têtes, à nous faire voir avec leurs yeux leur monde paranoïaque et délirant.
Et puis il était drôle. Je vous conseille pour découvrir cette facette de sa personnalité de lire le petit livre de nouvelles hilarantes : « comment voyager avec un saumon ».
Voilà ce que je voulais vous dire sur ce grand homme disparu le 19 février 2016. 

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